c'est toute l'existence qui s'effrite de son sens, d'une lenteur extrême. lenteur de cierge qui fond sur lui même devant une statue de la Vierge de Lourdes. et depuis mes 16 ans je guette tout ce désastre se rapprocher de moi, cet objet inconnu se dirige vers moi comme une masse noire, prête à m'étrangler dans mon sommeil, prête à mettre sa main dans ma culotte, prête à me prendre entière et ne laisser de moi que quelque poussière et mots d'amours écrit sur des papiers de cours. tout ce mouvement au son de la plus claire et innocente mélodie enfantine, et je marche à son battement, à contre temps de la pulsion naturelle de course de la terre et de tout ce qui l'habite et de tout ce qui est d'elle. oui je l'ai dis, ce vin de vie je le vomi. et je suis sous la loi, la loi des juifs, sous l'esclavage en Egypte, cette souffrance ultime qui n'a aucun sens, cette patience là, je n'en veux plus. et le vin du Christ je l'ai bu, d'une traite. cette coupe là elle me prend entièrement, cette agonie de Gethsémani. agonie de Gethsémani que je ressens au fond de mes os, et cette heure du Christ dans le jardin elle dure des années de lenteur coincé dans le lecteur vidéo. et le corps du Christ, l'humanification de la souffrance, quand je le laisse entrer en moi, qu'est ce que je peux ressentir autre que l'euphorie de l'absurdisme ultime, la joie du martyr. et si tout me fais ressentir, je ressentirais Dieu, sa multitude, sa conscience, sa grandeur dans les nerds de mes dents, dans chaque petite chose.